Le 7 juin 2007             

L’Allemagne va baisser le taux d’imposition global de ses sociétés de près de 10 points, en le ramenant à taux historiquement bas à 29,8% au 1er janvier 2008. Elle avait auparavant augmenté la TVA et baissé les cotisations sociales. On peut aussi rappeler l’affaire Deutsche Telekom Deutsche Telekom qui a proposé au mois d4avril de baisser de 12% en deux ans et demi les salaires de 50 000 salariés, en échange d'une garantie d'emploi jusqu'à fin 2010. Les 50.000 emplois concernés doivent être
externalisés de la maison-mère dans une nouvelle structure, et regroupant tous les services aux clients (maintenance, centres d'appel).

 

La situation n’en n’est que plus inquiétante. Le Royaume-Uni n’a pas tardé à réagir en déclarant son intention de ramener son taux de 30% à 28%. Que fera la France ? Car il devient clair que l’Allemagne, fer de lance de la construction européenne, a fait de la concurrence sociale et fiscale l’élément incontournable de sa stratégie de croissance.

 

L’UEM a donc généré une zone de surenchère en matière de concurrence fiscale sociale non plus entre grands et petits pays qui ont utilisé cet arme qu’est la fiscalité pour attirer les capitaux (on pense à l’rlande avec un taux de 12,5% sans parler des nouveaux Etats membres comme la Hongrie avec un taux de 16% seulement), mais bien au sein des grandes économies ouest-européennes.  Ces stratégies non coopératives sont malheureusement cohérentes car elles s’insèrent dans une stratégie plus globale de recherche de la compétitivité-coût et ceci en négligeant totalement celle de la compétitivité-productivité qui était pourtant le leitmotiv de l’« agenda de Lisbonne ». Ce jeu non-coopératif totalement suicidaire qui privilégie des stratégies défensives aux stratégies offensives ne pourra durer qu’un temps et il est à parier que faute de véritables politiques coopératives, la croissance de long terme de l’union européenne ne connaîtra pas d’embellie majeure. Mais derrière cette nécessité de revenir à de véritables politiques coopératives, se dresse un tout autre
projet plus politique qu’économique qui est celui de l’existence d’un véritable gouvernement économique. La France doit à nouveau redevenir porteur d’un véritable projet européen : celui d’un véritable fédéralisme susceptible de nous défaire des excès de ce modèle concurrentiel et de nous orienter plus vers un modèle de souveraineté collective. La France est-elle prête à relever ce défi ?

 

                                      


 TRAITE DE ROME

 

Cinquante ans après le traité de Rome, la construction européenne est toujours dans une situation de statu quo préjudiciable au même moment où le défi auquel doit faire « notre vieux continent » est bien celui de la mondialisation.

Or, aujourd'hui, beaucoup de citoyens européens attribuent à la construction européenne et à la mondialisation, les mêmes conséquences négatives : délocalisations, pertes d’emploi, concurrence des systèmes de protection sociale. On ne peut alors que regretter que le thème de la construction européenne n'apparaisse pas au premier plan dans les débats de la campagne électorale française.

Or, si l’on veut réconcilier les français avec l’Europe depuis le non au référendum, il est plus que nécessaire d’évoquer l'Europe comme une source de protection offensive dans ce contexte de la mondialisation. C'est pour cette raison qu'il est important de relancer les projets de politique économique commune en Europe. Mais cette relance économique du projet européen ne pourra aboutir que si on relance clairement l’Europe politique car les blocages sont justement avant tout politiques. L’incapacité qu'ont les gouvernements européens de s'entendre non seulement sur les objectifs (souvenons-nous des querelles empreintes d’égoïsme budgétaire lors de l’élaboration de la programmation budgétaire 2007-2013) mais aussi sur les moyens de les atteindre (un budget européen équivalent seulement à environ 1 % du PIB européen et donc peu conforme aux ambitions) en est le parfait exemple.

C’est pourquoi la France et l’Allemagne doivent redonner une nouvelle impulsion à cette construction européenne et éviter tout jeu non coopératif (notamment au niveau des politiques budgétaires et fiscales) dont l’Europe en serait la grande perdante. Il est clair que la zone euro doit se doter rapidement d’un véritable du gouvernement économique. On peut aussi regarder de près la proposition suggérée par l'OFCE portant sur la création d'une communauté européenne de l'énergie, de l'environnement et de la recherche, dénommée la C3ER. Ces projets fédérateurs gages d’une croissance économique de long terme pourraient être le socle commun d’une confiance en l’Europe à nouveau retrouvée.

 

Christophe RAISON

Conseiller

Le 25 Mars 2007

 

 

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                                                             AIRBUS

                                                   Crash avant décollage

 

Les ratés dus aux dysfonctionnements internes (câblage, logiciel, co-gouvernance) entraînent l’entreprise à enregistrer des pertes et à mettre en place le plan Power 8.  

Comment a t’on pu en arriver là ? Manque de politique industrielle européenne.  

LES SOLUTIONS :                      

Ségo. : Re-nationaliser Airbus en faisant rentrer les régions dans le capital : la co-gouvernance est déjà un flop, quand serait-il avec des régions françaises et allemandes ?  

Sarko. : Il veut que l’Etat investisse dans Eads, comme pour le modèle Alsthom : réussite flagrante avec les Chantiers de l’Atlantique, qui ont connu ces dernières années de nombreuses vagues de licenciement.

François Bayrou souhaite, quant à lui,  l’intégration d’une politique industrielle européenne sans ingérence d’états, sauf pour le financement de la recherche.   

En conséquence, il s’agit bien là d’un manque de politique industrielle commune qui conduit l’entreprise à prendre des mesures peu favorables sur le plan social, alors que dans le même temps, pratiquement tous les ateliers sont passés en heures supplémentaires avec le samedi comme jour travaillé, afin de respecter les délais de livraison.  

 

Philippe COUTURIER

Conseiller

Le 3 Avril 2007

                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Article du Monde paru le 4 juin 2007

A  Nantes, un ticket Verts-PS face au sortant UMP LE MONDE | 04.06.07 | 15h23 • Mis à jour le 04.06.07 | 15h23

Sur les affiches de François de Rugy, candidat des Verts et des socialistes aux législatives dans la première circonscription de Nantes, la rose du PS fait jeu égal avec le tournesol des écologistes. La photo de son suppléant, Pascal Bolo, conseiller général socialiste de 45 ans et proche collaborateur du député et maire Jean-Marc Ayrault, partage équitablement l'espace.

"Nous, au moins, on annonce la couleur", souligne François de Rugy, 33 ans, élu Verts, maire adjoint de Nantes, en charge des transports. Les gages de bonne entente se déclinent à l'envi : au mur du QG de campagne, l'affiche de Ségolène Royal côtoie ostensiblement celle de Dominique Voynet. Le PS l'emporte même aux points avec un dessin d'enfant représentant Mme Royal : l'oeuvre du fils aîné (8 ans) d'Emmanuelle Bouchaud, conseillère régionale Verts, compagne de François de Rugy.

Sur le terrain, les électeurs "perdent un peu la boussole". Le 6 mai, la circonscription a donné 52,62 % de voix à Mme Royal et l'on ne cache pas un certain désarroi à ne pas voir un candidat du PS prendre la tête de la bataille des législatives. Pascal Bolo dit "comprendre naturellement cette réaction patriotique" mais se dit "fier" de participer à ce qu'il qualifie volontiers de "laboratoire", martelant : "Il n'y a jamais eu de victoire de la gauche dans la division. On est heureux de prouver qu'ici, la gauche est plus intelligente qu'au niveau national."

Selon de nombreux militants de gauche, le socialiste Pascal Bolo "mourait d'envie de mener le combat en première ligne", ce que réfute l'intéressé. Force est de constater qu'il mouille la chemise au côté de François de Rugy. De fait, le ticket Verts-PS, rareté dans le paysage politique français, ne pouvait souffrir discussion. Il a été imposé par Jean-Marc Ayrault. Un souci cependant : l'accord, en préparation depuis un an, n'a été officialisé que le 14 mai, ce qui a nourri une certaine confusion au PS comme chez les Verts.

La clé du scrutin, dans cette circonscription disparate de 72 000 électeurs mêlant quartiers résidentiels, cités HLM et zones pavillonnaires cossues, c'est "la mobilisation des citoyens". François de Rugy espère profiter du "score canon" (67 %) qu'a réalisé son coéquipier aux dernières cantonales dans les quartiers nord de Nantes. En face, le député sortant UMP Jean-Pierre Le Ridant, comptable de formation, est accusé "d'avancer masqué" : "Il essaie de tout dépolitiser, fustige M. de Rugy. Il ne crée pas de polémique mais il a voté tous les projets de l'UMP, CPE compris."

M. Le Ridant, conseiller général depuis 1982, affirme "bien sentir cette élection". Un sentiment partagé par Annick, son épouse, crêpière, qui est à n'en pas douter son "meilleur agent de communication". De l'avis même de la gauche, M. Le Ridant, 59 ans, a marqué un point en s'adjugeant les services de Joseph Parpaillon comme suppléant. Le maire centriste d'Orvault est en effet un "homme de terroir bien implanté" et véhicule "une image rassurante". Même si sa réputation de tolérance a été écornée après qu'il a poliment exigé d'un membre de son équipe municipale qu'il renonce à suppléer la candidate du MoDem. Cette dernière, Valérie Lorin, 44 ans, professeur à l'université, rêve de jouer les trouble-fête et d'asseoir la percée de François Bayrou sur la circonscription (22 %).

Yan Gauchard (Nantes, Correspondant)

Article paru dans l'édition du 05.06.07

 


 

 

 

 

 

 

                                                                                                               

                       

                                                                         

 

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