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PROJET D’ORIENTATION PRESENTE AU NOM DU COMITE EXECUTIF
Congrès Fondateur du Nouveau Centre
Samedi 17 mai 2008, le projet d'orientation du Nouveau Centre, elaboré par le comité exécutif, sera présenté et soumis au vote des militants du Nouveau Centre.
En 2007, nous avons fait le choix de l’engagement. Nous avons décidé de participer à une majorité réformatrice. Le chemin de la
réforme est difficile, mais c’est le seul utile pour assurer l’avenir du pays. Notre engagement se situe dans la tradition philosophique de notre famille de pensée et s’inscrit dans l’avènement
d’un monde nouveau. Ce monde nouveau nous invite à un retour sur le cœur de nos convictions. La question qui se pose à nous est : que doit être le centrisme français en ce début de XXIe siècle ?
Cette motion se veut le point de départ d’une discussion refondatrice. Le Comité exécutif souhaite ardemment que chacun d’entre nous accepte de prendre le temps d’y réfléchir, puis de prendre
part à une délibération générale associant le plus grand nombre. Il soumet donc au débat une série de points qui seront enrichis par vos amendements. Aujourd’hui, est un moment singulier. Nous
entrons dans ces temps de grands chambardements dont l’Histoire a le secret. Reconstruire le centrisme ne suffit pas. Il nous revient aussi d’assurer son renouveau.
1.
Le centre est une force politique et non pas seulement un mouvement d’idées. Nos convictions nous amènent à penser qu’il n’y a de centrisme véritable que dans l’engagement. Il n’y a pas
d’engagement efficace sans l’action.
2.
Il n’y a de centre qu’indépendant. Cela signifie que par delà les alliances dans lesquelles nous nous engageons, notre liberté d’appréciation et de vote restera totale. Nous voulons construire
une grande organisation politique destinée à la défense et à la promotion de nos convictions. Le parti est la force qui permet à nos idées de peser. Il faut un grand parti centriste, présent dans
tous les combats politiques et notamment électoraux. Notre ambition est de redevenir à terme l’élément incontournable des futures coalitions de gouvernement.
3.
Le parti centriste défend une conception démocrate, pluraliste et libérale des institutions politiques. Le principe d’une régulation de la société par le droit est pour nous supérieur au principe
d’une société régulée par l’Etat car la liberté commande de soumettre l’Etat au droit. Notre libéralisme se fonde sur la suprématie du droit. Nous nous reconnaissons pleinement dans la tradition
de l’humanisme juridique et plus particulièrement dans les valeurs portées par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
4.
Notre conception de la démocratie repose sur la recherche d’un équilibre des forces et des pouvoirs. Nous rejetons le bipartisme qui contrevient à l’éclosion de pratiques politiques véritablement
démocratique. L’équilibre des pouvoirs ne peut être garanti que par un net renforcement du Parlement, permettant d’assurer fermement, au nom des citoyens et des contribuables, l’équilibre des
pouvoirs dans l’élaboration des lois et un véritable contrôle de l’exécutif. Enfin, dans la mesure où nous croyons que la justice est souveraine ou n’est pas, il est urgent de mettre en place un
pouvoir judiciaire dont l’indépendance serait définitivement reconnue.
5.
L’acceptation d’une évolution présidentielle du régime nous paraît non seulement conforme à la logique des institutions mais aussi au souhait de nos compatriotes. La présidentialisation de notre
système politique doit s’accompagner d’une révolution parlementaire. Nous revendiquons non seulement un accroissement des pouvoirs du Parlement, mais aussi une meilleure représentativité de
l’Assemblée nationale par l’introduction d’une dose de proportionnelle, permettant la représentation du plus grands nombre de courants politiques.
6.
Pour nous, l’autorité est respectable, et donc efficace, si elle résulte d’une source irréprochable. Nous souhaitons que les règles et les procédures de nomination soient placées sous le contrôle
du Parlement. Nous souhaitons que le pouvoir de nomination aux emplois civils que détient en monopole l’exécutif soit partagé avec le Parlement. D’une manière générale, ce sont les modalités
d’organisation des pouvoirs publics qui doivent être révisées afin de garantir effectivement l’impartialité de l’Etat. C’est à cette condition que nous restaurerons la confiance de nos
compatriotes dans l’Etat, les instances de régulation et l’ensemble de nos services publics.
7.
Le parti centriste milite pour une véritable révolution budgétaire. Notre endettement colossal est devenu aberrant puisqu’il sert désormais à financer les dépenses courantes de nos
administrations et non plus les investissements. Une telle situation revient à assujettir les générations futures dont nous limitons par avance la liberté. Il faut imposer à nos élus comme à nos
gouvernants le retour à une gestion rigoureuse des finances publiques. C’est pourquoi nous revendiquons d’inscrire dans notre Loi fondamentale l’interdiction d’adopter des budgets déficitaires en
fonctionnement.
8.
Nous voulons reconstruire et défendre le rôle pivot du centrisme. C’est à nous qu’il revient de modérer les emportements idéologiques, à droite comme à gauche, d’œuvrer au consensus national sur
les questions essentielles, d’assurer la défense et la promotion des valeurs d’humanisme, de liberté, de responsabilité et de solidarité.
9.
Nous défendons le projet d’une société libérale au service d’une redistribution équitable. La liberté ne se découpe pas. A distance de la seule dimension économique trop souvent confondue avec la
grande idée libérale, nous revendiquons une liberté multidimensionnelle : politique, économique et culturelle, collective et individuelle, morale et spirituelle. Nous défendons la liberté
économique sans laquelle il n’y aura ni richesses ni redistribution ni démocratie. Nous défendons en particulier la liberté d’entreprendre quand elle combine la réussite individuelle avec le
progrès matériel de la collectivité dans son ensemble. Nous regardons l’esprit d’initiative comme l’une des plus grandes qualités de l’esprit humain. Nous soutenons le risque raisonné,
c’est-à-dire la création et l’innovation.
10.
Pour nous la seule liberté ne suffit pas à fonder une société républicaine. Celle-ci n’a d’existence réelle que si l’économie et ses fruits sont au service des individus et de leur
épanouissement, notamment en garantissant une solidarité efficace entre les citoyens, nationale et de proximité.
11.
Le libéralisme centriste exprime un humanisme radical, fondé sur une exigence de justice. C’est pourquoi nous défendons le projet d’une société solidaire, luttant pour la réduction de la pauvreté
et contre les formes montantes d’inégalité. L’inégalité n’est plus seulement sociale, mais elle est aussi territoriale, éducative, culturelle, technologique ou générationnelle. Nous voyons trop
souvent fonctionner des mécanismes de discrimination dont sont victimes ici les jeunes, en particulier lorsqu’ils sont issus de familles venues de l’immigration, là les personnes âgées, ici les
femmes, là les personnes handicapées. Nous pensons que les injustices fragilisent la société en l’opposant à elle-même. Nous défendons qu’il n’y a pas de politique humaniste sans la volonté de
promouvoir vigoureusement l’égalité des chances afin d’assurer à chacun la possibilité de maîtriser son destin. L’humanisme qui vise à l’épanouissement de chaque individu, reconnaît la famille
comme le premier noyau de la société qui fait naître la responsabilité et permet cet épanouissement.
12.
Nous voulons construire une société plus solidaire et plus responsable. Notre conception de la philosophie de solidarité commande de mobiliser l’effort collectif pour soutenir les plus faibles et
les plus démunis d’entre nous. Ce soutien a pour but d’assurer la dignité des personnes et leur subsistance, mais aussi de leur permettre de retrouver une pleine autonomie. Pour cela, nous devons
introduire ou renforcer les mécanismes de responsabilisation pour tous les autres. L’efficacité de l’aide qu’une société progressiste est capable d’offrir aux plus démunis de ses membres est
fonction de l’esprit de responsabilité. Libéraux et pluralistes, nous voulons donner à des organisations intermédiaires la capacité de bâtir des solidarités mieux adaptées à chaque communauté
humaine : mutualisme, coopération, fondations, syndicats, branches professionnelles.
13.
Nous voulons que les relations sociales et le droit du travail reposent sur deux piliers équilibrés : la loi, protectrice, expression de notre appartenance à la communauté nationale, et le
contrat donnant la souplesse nécessaire à une économie moderne car nous croyons aux corps intermédiaires et leur capacité à exprimer d’autres courants responsables au sein de la
société.
14.
En matière d’organisation de la puissance publique nationale, nous sommes fidèles à l’esprit girondin. Le parti centriste est celui des libertés locales et de la décentralisation. La
décentralisation rapproche la décision publique des citoyens. Elle favorise leur information et accroît leur capacité de contrôle. La décentralisation doit régénérer les pratiques démocratiques
en encourageant la participation du plus grand nombre à la gestion des affaires publiques, en réinjectant la responsabilité au niveau des élus de terrain, et en permettant l’émergence de
véritables espaces publics locaux.
15.
Pour nous centristes, la décentralisation est aussi l’une des clés de la réforme de l’Etat. En confiant la puissance publique à des assemblées locales, la décentralisation précise et spécialise
l’échelle de connaissance et d’action des pouvoirs politiques. Tout en démocratisant la puissance publique, la décentralisation en augmente l’efficacité.
16.
L’affirmation des libertés locales doit favoriser une meilleure utilisation des ressources publiques, et notamment des ressources fiscales. L’essentiel des ressources doit être constitué de
ressources propres car il s’agit d’installer durablement la responsabilité de la dépense. Cela suppose de donner à chaque échelon de collectivité des compétences définies et exclusives. Nous
souhaitons mettre fin à l’empilement des compétences qui déresponsabilisent les élus et alourdissent la décision publique.
17.
Nous sommes profondément européens. Pour nous la construction d’une Europe politique est le seul moyen de pouvoir défendre nos modes de vie économiques, sociaux et culturels face aux grands
ensembles qui se forment de par le monde. Nous travaillons au succès d’une Europe politique, pacifique et puissante, démocratique et efficace, innovante et responsable, libérale et
protectrice.
18.
L’édification d’une Europe protectrice ne doit pas nous conduire à nous replier sur nous-même. Nous voulons une Europe conquérante, à nouveau force agissante dans l’histoire, grâce à une
politique commune en matière de diplomatie et de défense, en matière de recherche et d’innovation comme en matière technologique et industrielle. En matière d’environnement, en matière de
culture, et en matière de lutte contre la criminalité et de régulation de l’immigration.
19.
Nous voulons que l’Europe de la défense donne à notre continent les moyens d’assurer sa propre sécurité face aux nouveaux risques. Mais l’Europe de la défense doit aussi être pensée dans une
perspective politique et de rapprochement des diplomaties nationales. Il s’agit de défendre nos valeurs humanistes comme de les promouvoir dans le monde, car nous savons qu’elles se répandent
toujours au bénéfice de tous et en particulier des plus faibles. A travers nos idéaux de liberté et d’égalité, nous visons à répandre dans le monde nos idéaux de justice, d’équité et de respect
de chaque individu.
20.
Au-delà des politiques communes, nous travaillons à l’émergence d’une société civile européenne. Nous appelons à l’affirmation d’une conscience européenne et au déploiement d’une citoyenneté
européenne, dans le droit fil des illustres pères de l’Europe, Jean MONNET et Robert SCHUMAN, de leur héritage, du traité de Maastricht et du traité de Lisbonne.
24.
Face aux défis du nouveau siècle, nous en appelons à un dépassement des relations internationales et des anciennes diplomaties. Nous revendiquons l’invention d’une politique planétaire, visant à
la régulation collective des grands problèmes de notre temps, dans une finalité libérale, progressiste plaçant l’homme au centre de tout. Nous en appelons notamment au développement à travers
L’ONU, d’un véritable service public global de la solidarité, permettant de faire face aux crises structurelles, telles que l’aide à l’accès aux matières premières alimentaire, à l’eau potable, à
la prévention sanitaire et aux soins médicaux, à l’éducation mais aussi aux technologies de l’information. Ce service public global de la solidarité devra réorganiser les modalités de l’action
que nous devons déployer dans le cas de crises conjoncturelles, pour dépasser l’aide humanitaire, qui atteint aujourd’hui ses limites, et mettre en place une véritable institution transnationale
chargée de venir en aide aux populations et aux régions frappés par une crise ou exposés à un risque particulier.
25.
Revendiquer une politique globale ne signifie pas seulement pour nous la promotion d’une politique planétaire. Il s’agit également de concevoir une nouvelle forme d’action publique adaptée aux
exigences du XXIe siècle. La globalisation c’est à la fois considérer l’humanité dans son ensemble et les problèmes dans leur généralité, en tant qu’ils affectent le sort de l’humanité. Ainsi,
œuvrer à la paix dans le monde demeure à nos yeux indissociable de l’impératif du développement durable. Les nouveaux risques environnementaux, le réchauffement climatique et la démographie
mondiale entraîneront des bouleversements, notamment des déplacements de populations à une échelle que la planète n’a jamais connu. Ils imposent de penser la protection des modes de vie, et la
préservation de toutes les ressources naturelles.
26.
Enfin, nous devons être capables de donner la formule politique du temps présent. Que voulons-nous ? Sommes-nous capables de le dire en peu de mots ? Nous soumettons cette proposition à la
discussion générale : moins d’Etat mais plus de solidarité ; plus de sécurité mais plus de libertés ; plus d’innovations mais plus de responsabilité ; plus d’identité mais plus
d’Europe.
Publié le 16/05/2008 à 13h50