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Article du Monde paru le 4 juin 2007
A Nantes, un ticket Verts-PS face au sortant UMP LE MONDE | 04.06.07 | 15h23 • Mis à jour le 04.06.07 | 15h23
Sur les affiches de François de Rugy, candidat des Verts et des socialistes aux législatives dans la première circonscription de Nantes, la rose du PS fait jeu égal avec le tournesol des écologistes. La photo de son suppléant, Pascal Bolo, conseiller général socialiste de 45 ans et proche collaborateur du député et maire Jean-Marc Ayrault, partage équitablement l'espace.
"Nous, au moins, on annonce la couleur", souligne François de Rugy, 33 ans, élu Verts, maire adjoint de Nantes, en charge des transports. Les gages de bonne entente se déclinent à l'envi : au mur du QG de campagne, l'affiche de Ségolène Royal côtoie ostensiblement celle de Dominique Voynet. Le PS l'emporte même aux points avec un dessin d'enfant représentant Mme Royal : l'oeuvre du fils aîné (8 ans) d'Emmanuelle Bouchaud, conseillère régionale Verts, compagne de François de Rugy.
Sur le terrain, les électeurs "perdent un peu la boussole". Le 6 mai, la circonscription a donné 52,62 % de voix à Mme Royal et l'on ne cache pas un certain désarroi à ne pas voir un candidat du PS prendre la tête de la bataille des législatives. Pascal Bolo dit "comprendre naturellement cette réaction patriotique" mais se dit "fier" de participer à ce qu'il qualifie volontiers de "laboratoire", martelant : "Il n'y a jamais eu de victoire de la gauche dans la division. On est heureux de prouver qu'ici, la gauche est plus intelligente qu'au niveau national."
Selon de nombreux militants de gauche, le socialiste Pascal Bolo "mourait d'envie de mener le combat en première ligne", ce que réfute l'intéressé. Force est de constater qu'il mouille la chemise au côté de François de Rugy. De fait, le ticket Verts-PS, rareté dans le paysage politique français, ne pouvait souffrir discussion. Il a été imposé par Jean-Marc Ayrault. Un souci cependant : l'accord, en préparation depuis un an, n'a été officialisé que le 14 mai, ce qui a nourri une certaine confusion au PS comme chez les Verts.
La clé du scrutin, dans cette circonscription disparate de 72 000 électeurs mêlant quartiers résidentiels, cités HLM et zones pavillonnaires cossues, c'est "la mobilisation des citoyens". François de Rugy espère profiter du "score canon" (67 %) qu'a réalisé son coéquipier aux dernières cantonales dans les quartiers nord de Nantes. En face, le député sortant UMP Jean-Pierre Le Ridant, comptable de formation, est accusé "d'avancer masqué" : "Il essaie de tout dépolitiser, fustige M. de Rugy. Il ne crée pas de polémique mais il a voté tous les projets de l'UMP, CPE compris."
M. Le Ridant, conseiller général depuis 1982, affirme "bien sentir cette élection". Un sentiment partagé par Annick, son épouse, crêpière, qui est à n'en pas douter son "meilleur agent de communication". De l'avis même de la gauche, M. Le Ridant, 59 ans, a marqué un point en s'adjugeant les services de Joseph Parpaillon comme suppléant. Le maire centriste d'Orvault est en effet un "homme de terroir bien implanté" et véhicule "une image rassurante". Même si sa réputation de tolérance a été écornée après qu'il a poliment exigé d'un membre de son équipe municipale qu'il renonce à suppléer la candidate du MoDem. Cette dernière, Valérie Lorin, 44 ans, professeur à l'université, rêve de jouer les trouble-fête et d'asseoir la percée de François Bayrou sur la circonscription (22 %).
Yan Gauchard (Nantes, Correspondant)
Article paru dans l'édition du 05.06.07
Publié le 05/05/2007 à 17h03 dans LEGISLATIVES 2007